La mémoire , René Magritte , la réalité physique des choses !!!


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La mémoire , 1949, Huile sur toile 45 x 54 cm Collection particulière , courtesy 

Galerie Isy Brachot, Bruxelles -Paris ..

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La mémoire , 1948 , Huile sur toile 59x 49 cm , Patrimoine culturel de la Communauté française de BELGIQUE … 

Le problème surgit de la confrontation entre des objets, une tête de femme sculptée en pierre et un grelot métallique posés sur un appui de fenêtre, et des indices de vie d’une grande fraicheur, une importante tâche de sang sur la tempe de la tête en pierre et un feuille bien verte placée à ses côtés. A droite un pend d’une grande tenture sombre qui semble comme un vêtement de la statue de pierre, à gauche une vaste ouverture sur un horizon maritime et sur celui d’un ciel bleu.

Choc visuel entre la pierre et des bouts de vie.
Le titre La Mémoire amplifie, redouble le choc visuel sauf à réfléchir sur ce qu’est la mémoire ?
Qu’est-ce à dire ? La mémoire est ce processus cérébral qui enregistre et conserve des événements passés, ces événements peuvent être ramenés dans le présent : dans le présent resurgit du passé lié à des émotions, à une charge affective.
C’est bien de ça qu’il s’agit. Que voit-on ? Qu’un visage inscrit dans de la pierre se met à saigner et qu’à ses côtés est posée une feuille verte. Tout indique que nous avons là l’évocation d’un passé qui ne peut revenir sans être accompagné d’une souffrance, ce rouge qui coule, et que cette souffrance est encore fraîche, ce vert qui a la taille d’une petite feuille.
Nous avons ici l’image parfaite de l’idée de la mémoire : la mémoire est du passé qui vit encore, il est vert comme le printemps et rouge comme le sang frais qui coule.
Les autres objets viennent préciser un contexte qui est plus intime au peintre et qui concerne sa vie passée. Dans ce cas, nous passons à une lecture plus externe, elle suppose la connaissance de la vie de la famille de René Magritte.
Qu’est-ce à dire ? Son père était représentant de commerce, il possédait une charrette de vendeur tiré par des chevaux au cou desquels pendaient des grelots.
Le grelot à côté du visage saignant d’une femme en pierre peut renvoyer à l’image de son père qui a conduit au suicide (par noyade) son épouse, une mère infiniment désespérée et dont le souvenir est vivace. Et plus encore, avec ce tableau, nous avons à l’avant plan le possible rappel du souvenir douloureux du suicide maternel et à l’arrière-plan, son possible dépassement comme sortie réconciliée de la mère morte vers l’infini du bleu de la mer et du ciel. Magritte avait treize quand il perdit sa mère. Il a tout fait pour ne jamais paraître en être affecté, il n’en parlait pas. Mais dans son oeuvre, ce drame le déborde.www.onehope.be/art/Magritte
Une belle représentation de René Magritte de la mémoire , du présent et du passé , une représentation surréaliste qu’il a su développé,  d’allier  la réalité physiques des choses , telle qu’elles sont vues et l’impression inédite qui en émane , lorsqu’on interroge cette réalité autrement qu’on ne le fait par habitude .  » Magritte  » Jacques Meuris .. 

  • Et vous, quelle est votre représentation de la mémoire ?? 

Au plaisir de vous lire à bientôt sur la viehealthydegaelle .com 

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2 commentaires sur “La mémoire , René Magritte , la réalité physique des choses !!!

  1. Merci pour cet article,
    J’interprète le symbole de la feuille autrement et sûrement de manière très personnelle.
    Mais je me risque…
    La feuille verte m’évoque le présent dans toute sa verdeur et sa fraîcheur, comme un vibrant rappel à l’ordre. Se connecter au présent nous aide à mieux vivre passé et futur.
    Le passé nous constitue tous viscéralement, mais j’aime l’idée que la mémoire s’efface un peu, des choses finissent par s’échapper de nous définitivement.
    Les lacs de souffrance finissent par s’assécher aussi un peu, malheureusement pas pour tout le monde…
    Saches que j’aime beaucoup cet article, je ne connaissais pas du tout cet aspect de la vie de Magritte. Merci beaucoup. J’aime beaucoup apprendre de mes lectures.
    Bravo, très inspirant. Bises

    Aimé par 1 personne

  2. Je pense que la mémoire symbolise tout ce qui nous a marqué, positivement comme négativement.

    Je vois dans ce buste féminin un témoignage de l’incarnation humaine sur Terre et de sa dualité « violence » (la tache qui coule, figurant du sang) / « paix » (les yeux fermés et le sourire d’apparence paisible). Elle me fait penser à une mère, voire à la matrice universelle (à voir quels sont les rapports étymologiques entre les mots « mère » et « matrice »).

    Dans le symbole du sang, nous avons à la fois un champ lexical de la vie humaine et de sa fluidité et du drame des traumatismes du passé. Un passé dont certains éléments sont « transmutés » au fil du temps, mais dont d’autres restent « gravés » jusqu’à notre dernier moment. Je note que ce sang présente une teinte orangée, il fait donc plutôt référence à une violence qui n’est pas physique, mais symbolique.

    La feuille me fait penser à la verdure, au potentiel de l’instant présent; mais en même temps, elle est détachée de son arbre d’origine. Est-ce un rappel de ce qu’est l’incarnation humaine ? Est-elle véritablement unique sous une apparence de banalité (des feuilles vertes, nous en voyons beaucoup dans notre vie, même citadine…) ou un voyage dans une dimension dont les lois nous imposent de porter en nous ce voile de l’oubli qui nous détache du sens des évidences ?

    L’objet circulaire, dans mon ressenti immédiat, est comparable à la Terre observée d’un point de vue « hémisphère nord / hémisphère sud »; il nous rappelle là où nous sommes. Mais il ressemble aussi à une balle de golf, référence aux jeux de la vie incarnée…

    Quant à la mer, en arrière-plan, elle m’évoque l’immensité, le mystère, notre émotivité peuplée de vagues tantôt douces, parfois violentes… elle nous rappelle que la vie sur Terre est apparue dans l’eau.

    Le tableau présente un contraste saisissant entre le 1er plan et l’arrière-plan : en surface, ce buste de femme « sali » par une grande tache qui semble le résultat d’un geste brutal. Une impression de violence paradoxalement renforcée par l’expression de calme et de paix de cette représentation féminine (la statue a les yeux fermés et arbore un sourire apparemment paisible). Elle me fait penser à un symbole de la résignation ou à l’acceptation inconditionnelle de la réalité sous tous ses aspects. Ce buste féminin, je le vois comme une image qui résume notre humanité paradoxale : souffrance et plaie d’un côté avec un sang qui continue de couler, et aspiration à une paix profonde de l’autre. Comme tout cela me semble actuel…

    A noter que dans le tableau du haut, la tache ressemble vraiment à du sang; l’objet circulaire me semble mieux identifiable : c’est une pomme… une référence à Adam et Eve, à l’innocence perdue, mais aussi un fruit qui, tel qu’il est dessiné, me « reconnecte » à la terre, au concret, à notre environnement… la mer immense a été remplacée par un verre d’eau : l’émotion est maintenant « contenue ». Dès lors, elle peut servir « d’outil » dont le peintre se sert pour alimenter sa créativité.

    C’est une vision parmi une infinité d’autres possibles… merci pour cet article 🙂

    Aimé par 1 personne

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