Chez bébé, une bonne diversification alimentaire est clé pour nourrir son microbiote… Et préserver son immunité future


Chez bébé, une bonne diversification alimentaire est clé pour nourrir son microbiote… Et préserver son immunité future

Diversifier l’alimentation trop tard ou avec de mauvais aliments peut augmenter le risque de développer certaines maladies chroniques plus tard dans la vie, alertent des chercheurs français dans une nouvelle étude. En jeu : la bonne croissance de la flore bactérienne intestinale.

Bébé mange sa purée

Lors de l’introduction de nouveaux aliments dans le régime, le microbiote prolifère et le nombre de bactéries augmente de 10 à 100 fois

Passer du lait à la purée de carottes au bon moment serait déterminant pour la santé future de l’enfant ! L’étape de diversification alimentaire constitue ainsi une étape essentielle de la construction du système immunitaire, déterminant en partie la susceptibilité des enfants à développer plus tard certaines maladies chroniques, d’après de nouveaux travaux de l’Institut Pasteur et de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm). Le rapport entre l’alimentation et l’immunité ? Le microbiote intestinal, ces bactéries bénéfiques qui tapissent nos intestins… Et se nourrissent avec nous au passage. Ces travaux faits sur les souris ont été publiés dans la revue Immunity.

La susceptibilité à certaines maladies chroniques comme l’arthrite, les colites ou même certains cancers est en partie déterminée par la croissance et la mise en place de notre microbiote lors des premiers mois de vie, révèle à Sciences et Avenir Gérard Eberl, responsable de recherche à l’Institut Pasteur, qui a dirigé ces nouveaux travaux. On savait déjà que notre flore bactérienne intestinale influait sur nos défenses immunitaires, et pouvait nous aider à lutter ou au contraire nous rendre susceptibles à ces maladies immunes chroniques. En revanche, le caractère déterminant des premiers mois de vie n’avait été suggéré que pour d’autres types de maladies. Ainsi, des études ont montré que les souris traitées dès les premiers jours de leur vie par des antibiotiques détruisant une partie de leur microbiote, développent une plus grande sensibilité aux allergies.

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Un « boost immunitaire » bénéfique lors de la croissance du microbiote

Car le microbiote se construit avec nous dès les premiers mois de vie. Chez le nouveau-né, il se constitue lors de l’accouchement par l’acquisition des bactéries de la mère et de son lait. Or, lors de l’introduction de nouveaux aliments dans le régime, le microbiote prolifère et le nombre de bactéries augmente de 10 à 100 fois ! Si microbiote et immunité sont si étroitement liés, une telle croissance du microbiote devrait s’accompagner d’une réaction du système immunitaire. C’est effectivement ce que les chercheurs ont constaté chez la jeune souris : en même temps que la croissance du microbiote, une intense réponse immunitaire avait lieu. Pour autant, si ce « boost immunitaire » est bien la conséquence de cette croissance bactérienne, elle ne se faisait que pendant une période temporelle très stricte. Ainsi, une diversification alimentaire faite trop tardivement, ou avec de mauvais aliments ne permettant pas la croissance du microbiote, ne déclenchait pas cette forte réponse immunitaire. De même, les souris ayant reçu un traitement antibiotique qui détruisait leur microbiote pendant cette période critique, ne présentaient pas ce « boost immunitaire ».

Un microbiote altéré dans l’enfance augmente le risque de développer certaines maladies chroniques

« Nous avons ensuite supposé que l’existence d’une fenêtre de temps déterminée indique que la réponse immunitaire est programmée dans le temps et possède de ce fait une fonction unique dans le développement du système immunitaire » poursuit Gérard Eberl. Et en effet, ces souris n’ayant pas développé cette intense réaction de l’immunité étaient par la suite plus susceptibles de développer certaines maladies inflammatoires comme les allergies intestinales, le cancer colorectal et les colites. « C’est ce que l’on appelle l’empreinte pathogénique » explique Gérard Eberl, « c’est-à-dire que des évènements se produisant dans la prime enfance déterminent une future susceptibilité aux maladies inflammatoires« .

La clé serait une diversification alimentaire de qualité entre 3 et 6 mois chez les humains

Pour préserver le microbiote et donner la meilleure immunité à l’individu, la clé est donc une diversification alimentaire adaptée… Et surtout à l’heure. Car cette fameuse fenêtre temporelle est restreinte. « Nous avons pu montrer que ce mécanisme se produisait dans une fenêtre de temps très spécifique : entre 2 et 4 semaines chez la souris, ce qui d’après des pédiatres correspondrait à 3 et 6 mois chez l’homme » explique Gérard Eberl. C’est à cette période que le lait doit laisser place à d’autres types de nourriture, telles que les fibres contenues dans les fruits et les légumes ou les céréales. « Donner uniquement des chips ou des aliments hyper-gras, même au bon moment, ne permettra pas la croissance optimale du microbiote et ne provoquera donc pas la réponse immunitaire adéquate« , commente Gérard Eberl. « De même, introduire les fibres chez un enfant de 1 ans qui n’a jusque-là mangé que du lait ne marchera pas non plus« .

MODIFIER LA DONNE. Que notre susceptibilité à certaines maladies soit en partie définie à un si jeune âge peut être une idée « un peu déprimante« , concède le scientifique. « Mais si on trouve des traces épigénétiques (les facteurs faisant qu’un gène est activé ou non, ndlr) associées et que l’on arrive à les corriger, ce pourrait être la clé pour contrer ce semi-déterminisme« , affirme-t-il. De plus, un usage le plus raisonné possible des antibiotiques en les complémentant potentiellement avec des bactéries bénéfiques soigneusement choisies, surtout chez les bébés, pourrait diminuer le risque d’être partiellement victime de l’alimentation de ses premiers mois de vie.

Et vous quand pensez vous ??

Au plaisir de vous lire à bientôt sur lavihealthydegaelle.com

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